Elle était là, assise au bord de l'eau.
Des cheveux lachés éffleurant un visage souillé, des yeux charbonneux pleurant une âme meurtrie, imaginant une autre vie...
Désormais, les lumières lointaines de la ville ne se reflétaient plus dans ces yeux, que seule l'ombre de la fôret à laquelle ils faisaient face osait défier.
Sa robe, deuxième peau glacée, trahisait par ce fait les quelques sanglots de la fin d'après-midi qui était venus noyer le Silence de tous ses maux.
Quelque larmes frissonnaient encore sur les feuilles envoutées par le vent.
Scène figée, larmes givrées, souffrance d'une jeunesse entravée.
Puis à genoux, vulnérable, miroir de cet être vide, froid et seul qui gisait plus loin, au pied d'un arbre, mort...
Quelques larmes frissonnaient encore sur ses bras transportés par la douleur.
Juste la Nuit et des cheveux lâchés découvrant haine, peine, atrocité et incapacité...
Elle était là, agenouillée au bord de l'eau, seule, au pied d'un monde, mort.